top of page

🎀 DE SEIN À SOI | Parole de Sexologue « J’ai peur de découvrir ses cicatrices… »

il y a 14 minutes
3 min de lecture

Je me souviens d’un homme venu me consulter alors que sa femme venait de subir une mastectomie.

La première chose qu’il me dit en s’asseyant face à moi, c’est :

« J’ai presque honte de ce que je vais vous confier. »


Depuis l’annonce du cancer, il s’est efforcé d’être fort. Présent. Rassurant. Soutenant.

Mais à l’approche du retour de sa femme à la maison, il est envahi par une peur qu’il n’ose dire à personne :


il appréhende de découvrir son corps après la mastectomie.

Peur de voir ses cicatrices.

Peur de sa propre réaction.

Peur de ne pas parvenir à accepter ce corps qui a changé.

Peur, surtout, qu’elle puisse lire cette appréhension dans son regard et en souffrir.

Et puis, au fil de la consultation, derrière cette peur des cicatrices, une autre peur apparaît, beaucoup plus profonde : Il a eu terriblement peur de perdre sa femme.

Mais cela non plus, il ne lui en a jamais parlé.

Il voulait être celui qui tenait bon. Celui sur lequel elle pouvait s’appuyer. Alors il a gardé ses propres peurs pour lui.


đź’— Mon Conseil Sexo

Cette consultation lui a d’abord permis de comprendre que ses peurs avaient, elles aussi, le droit d’être entendues.

Je lui ai proposé d’en parler à sa femme.

Pas de faire semblant.

Pas de cacher son appréhension.

Pas d’attendre de ne plus avoir peur.

Mais simplement de lui dire ce qu’il ressentait.

Et lorsqu’il se sentirait prêt à découvrir ses cicatrices, de lui demander de le guider.

De lui montrer ce qu’elle souhaitait lui montrer.

De lui dire où et comment elle souhaitait être touchée.

Et aussi ce qu’elle préférait encore préserver.

Je lui ai surtout conseillé de ne pas faire de cette première découverte un nouvel examen de son corps.

Ce corps avait déjà été suffisamment regardé, examiné, manipulé et soigné.

Cette fois, il ne s’agissait plus de l’examiner.

Il s’agissait de le redécouvrir.


🕯️« À la lumière de la bougie, tout le monde est beau »

Ils ont choisi de vivre ce moment dans la pénombre, à la lumière d’une bougie.

Parce que, comme je le dis souvent :

« À la lumière de la bougie, tout le monde est beau. »

Et ils ont frémi ensemble.

De peur, certainement.

D’émotion, beaucoup.

Ils ont surtout pu partager avec bienveillance, ce qu’ils avaient chacun gardé pour eux : la peur de ne plus se plaire, la peur du regard de l’autre, la peur de ne plus savoir comment se retrouver.

Ce moment leur a permis de se reconnecter et de se réapprivoiser, sans faux-semblants et sans cacher leurs craintes.


🤝 Le proche aidant peut aussi avoir besoin d’aide

Lorsqu’on accompagne la personne que l’on aime dans la maladie, on peut penser que l’on doit être fort pour deux.

Pourtant, le proche aidant peut lui aussi avoir besoin d’un espace pour parler.

Peur de perdre l’autre, sentiment d’impuissance, culpabilité, inquiétudes face au corps qui a changé, interrogations sur son propre désir ou sur la reprise de la sexualité…

Consulter seul·e un sexologue clinicien peut permettre de déposer ces émotions, de mieux les comprendre et de préparer plus sereinement le retour à l’intimité.


Car retrouver une intimité après un cancer du sein ne signifie pas attendre que toutes les peurs aient disparu.

Cela peut aussi commencer par :

oser se dire ses peurs… et se redécouvrir ensemble.


Sexologue clinicienne Ă  Toulouse

Présidente du Syndicat National des Sexologues Cliniciens

🎀 De sein à soi

Octobre Rose 2026

Syndicat National des Sexologues Cliniciens

bottom of page